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L'AJA PUISSANCE CINQ
L’AJA ne mollit pas.
Bordeaux en a fait les frais, concédant cinq buts : deux
de Cissé et d’Akalé, un de Tainio. Net et
sans bavure.
Mais où s’arrêteront les Auxerrois ? Seule
équipe engagée sur quatre tableaux, l’AJA
continue allégrement à tracer sa route, toutes voiles
dehors, avec une sixième victoire en six matches depuis
le début 2004. Un net succès, sans aucune contestation
concrète des Bordelais, bien trop « légers
» en attaque et défense. Menés 2-0 après
onze minutes, 3-0 après 28, 4-0 à la pause, et 5-0
au final, les joueurs de Pavon ont payé cher leur troisième
match de la semaine. Pouvaient-ils mieux faire ?
Auxerre a donc effectué une démonstration.
Depuis le début du mois, les Bleus ont inscrit 14 buts
sans en concéder un seul, en six rencontres (L1 et Coupe).
Exceptionnel… « Nous ne sommes pas tombés dans
la facilité, nous n’avons pas laissé aller.
Ce qui aurait été mépriser l’adversaire,
lui manquer de respect.
J’ai attiré l’attention
de mes joueurs là-dessus ! », précisait Roux.
Voilà qui explique sans doute l’ampleur du score
face à Bordeaux, contrairement à ce qui avait été
fait huit jours plus tôt en Coupe.
Jean-Alain Boumsong qui, faisant son retour comme titulaire dans
l’effectif après un mois et demi d’absence,
n’a aucune crainte à avoir. L’équipe
tourne toujours aussi bien, les remplaçants ont assuré
l’intérim en son absence, et l’AJA continue
sur le même tempo.
La belle cadence
Mexès ne jouait pas, du fait de
ses douleurs dorsales (vertèbre déplacée)
et Kapo soignait sa pharyngite virale. Mais les intérimaires,
Grichting, Mignot et Akalé ont assuré, à
l’image d’un collectif auxerrois encore plus solide
au fil des sorties, malgré les changements imposés,
chacun se mettant au service de l’autre… Djibril Cissé
en étant le bel exemple !
Auxerre monte donc pour la première
fois sur le podium, avec 41 points, à sept longueurs de
Monaco, avec la meilleure attaque de L1 (39 à égalité
avec Lyon), la troisième défense (18 buts encaissés)
derrière Monaco (16) et Lyon (17), tout en ayant le meilleur
buteur du championnat, Djibril Cissé, avec 17 réalisations
en 22 matches ! Il reste 16 matches. Ce qui promet, si les Icaunais
gardent leur belle cadence. D’autant que les deux autres
« locataires » du podium viendront dans les semaines
à venir. Ce qui promet aussi…
Auxerre n’a pas douté face à Bordeaux, gérant
au mieux les événements : « Quand on prend
l’avantage avec deux buts d’entrée, l’adversaire
doute. Et puis après, si on travaille bien, on arrive à
tenir. Il y a beaucoup d’exemples où cela s’est
inversé. Mais on a tout fait pour que cela ne se produise
pas. Il y a une certaine solidité dans l’équipe,
et les 14 joueurs ont bien effectué leur mission. Comme
il y a eu quelques coups, et que nous avons un gros match mardi,
j’ai changé des joueurs pour qu’ils soient
un peu plus frais… », expliquait le coach auxerrois.
Roux prévient
Les changements, ce n’est pas le
genre du technicien auxerrois. Comme quoi, avec le temps, il se
bonifie… Mais quand on lui demande si cette belle série
est bonne pour le moral, et source de confiance, le naturel revient
au galop, à juste titre. « Ce n’est pas sûr,
c’est même dur de survivre après un score aussi
large. Heureusement que nous avons un gros match mardi. Si c’était
un match normal, c’est presque sûr qu’on passerait
à côté. Mais là, on va se préparer
au mieux pour essayer de gagner, et de retourner au Stade de France
! »
Jean-Pascal Mignot, qui a vécu son huitième match
de L1 face à Bordeaux, analysait cette large victoire avec
une grande lucidité : « On a gardé notre sérieux,
tant défensivement qu’offensivement. On a bien serré
les lignes pour développer du mieux notre jeu, en variant
les approches, en trouvant les intervalles pour nos attaquants.
Et comme Bordeaux n’est pas bien rentré dans le match…
Quant à notre défense encore remaniée, elle
a tenu le choc. Maintenant, même si on reste sur une belle
série de victoires, je pense qu’il vaut mieux prendre
les matches comme ils viennent, et ne pas faire référence
à cette série ! ».
Un jugement qui ressemble finalement à celui d’un
vieux briscard, et pourtant : « Pour moi l’aventure
continue et j’espère être de ceux qui joueront
à Nantes, car ce sera un match de Coupe, un match couperet,
et j’adore ! »
Il n’est pas le seul. La Coupe, on aime à Auxerre,
surtout celle de la Ligue, qui ne figure pas au palmarès
icaunais !
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LES REACTIONS
A L ' ISSU DE LA RENCONTRE
ROUX ET LE PRE D’A COTÉ
« Nous avons
fait un très bon mois de janvier avec six matches et
six victoires. C’est une série assez exceptionnelle.
Elle nous emmène pas très loin en championnat
car il y en avait trois de Coupe, mais on les a gagnés
aussi. On a maintenant 41 points et je n’ose même
plus trop dire qu’on va bientôt atteindre le maintien,
car je ne suis pas sûr que ce soit là qu’il
se joue. On va essayer de toute manière de bien finir
la saison, malgré un calendrier qui va devenir démentiel.
Mon équipe a pris du plaisir ce soir, elle a fait preuve
de réalisme. Peut-être parce qu’on a été
privé de gazon pendant la semaine ? Mardi on a eu neige
et salle ; mercredi, jeudi et vendredi, du terrain synthétique
! Peut-être que de retrouver de l’herbe vraie,
comme j’ai une équipe un peu paysanne, cela a
émoustillé certains joueurs ? On a toujours
coutume de dire que l’herbe est plus verte dans le pré
d’à côté. Ce soir, notre terrain
d’honneur était devenu… le pré d’à
côté… »
PAVON SE CRITIQUE
« Il fallait tenir les vingt
premières minutes, car on savait qu’Auxerre commençait
fort. Malheureusement on fait trois erreurs qui nous coûtent
trois buts en une demi-heure. Et on prend cinq buts en deux
matchs sur coups de pieds arrêtés. Puis on a
lâché complètement. Il y a beaucoup de
déception ce soir, mais surtout vis-à-vis de
notre public, parce qu’on ne peut être que honteux
ce soir devant lui. Je suis déçu des joueurs,
mais aussi de moi-même. J’ai essayé de
faire jouer mon équipe ce soir, alors que je savais
très bien qu’on n’avait pas les moyens
de faire du jeu, ici à Auxerre. J’ai fait une
composition adaptée dans ce sens… pour produire
du jeu. Mais contre Auxerre, je n’en avais pas les moyens.
Mois aussi, je me suis trompé et il ne faut pas tout
rejeter sur les joueurs. Je suis coupable, comme tout le club.
C’est vraiment une mauvaise soirée, il faut seulement
espérer que nous en aurons le moins possible à
l’avenir !
CISSE A L’AISE
« C’est une très
belle soirée pour l’équipe, le club, le
public, Akalé et pour moi. Pour tout le monde. Pour
tous ceux qui nous soutiennent, je pense que nous avons été
à la hauteur. Pour ma part je me suis senti totalement
à l’aise. C’est vrai que nous avions fait
la différence à la pause. En deuxième
mi-temps, nous avons malgré tout enchaîné,
sans trop baisser de rythme, d’autant que Bordeaux essayait
de relever la tête, même à 5-0. Pour ma
part, on m’a reproché d’être trop
égoïste, ce n’est pas vrai… Même
si un buteur doit l’être pour marquer souvent.
Je pense que ce soir, je n’ai pas été
égoïste, je sais faire des passes et faire marquer
mes coéquipiers. Je suis donc très content pour
Akalé qui revient parmi nous de belle manière
avec deux buts ! Et cela me fait autant plaisir de marquer…
que de faire marquer ! »
VIOLEAU ET L’UNION
« C’est vrai que ce soir
à domicile, on a fait une belle démonstration,
on ramène trois points avec un score large, ce qui
est toujours très intéressant au plan du goal-average.
Nous avons fait une très bonne entame de match pour
mener rapidement au score, puis pour gérer assez facilement.
Ce soir, c’est une bonne chose de faite, il faut en
profiter. Je crois que cela a déjà été
dit, mais tout le monde s’applique dans son rôle
pour l’équipe. On a retrouvé depuis le
début de l’année une belle union collective,
qui n’était pas forcément présente
en début de saison. A partir de là, on défend
bien, mieux. Offensivement, cela nous permet de faire plus
de mouvements, car il y a plus de lien entre nous et cela
permet de mener des offensives plus tranchantes. Avec la réussite
actuelle, c’est sûr que ça paye ! On l’a
encore vu ce soir… »
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